Le jeune pianiste belge Steven Vanhauwaert vainc ce maelström haut la main, dépassant les pures exigences techniques, grâce à une rare maîtrise de l’ambitus requis comme des innombrables nuances, et un jeu de couleurs sans cesse renouvelé. Il démontre ce que dit encore Brendel : « le jeu pianistique de Busoni illustre le triomphe de la réflexion sur la virtuosité ». Il s’en dégage effectivement ici encore un sentiment d’improvisation. Car selon Busoni, cité par Brendel, « la musique est un théâtre de la surprise, de l’invention et de l’improvisation apparente ». Il en va de même de la qualité superlative de l’interprétation des autres morceaux de ce programme vraiment révélateur de l’art du piano chez Busoni. L’enregistrement, dans une église en Belgique, procure un son très proche, presque chambriste, sans doute en accord avec la conception intimiste de l’interprète. On savoure la belle résonance du Steinway Grand D. Une prise de son qui semble également défier l’étiquette de pure virtuosité souvent accolée à la musique de piano de Busoni.

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