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CD : hommage au compositeur austro-américain Eric Zeisl

Publié par Jean-Pierre Robert le 21 décembre 2020. Publié dans Musique

Paris Los Angeles
  • ”Paris <> Los Angeles”
  • Eric Zeisl : Menuchim’s Song. Brandeis Sonata pour violon et piano. ”Zigeunerweise”, extrait de la Suite pour violon et piano, op.2:I
  • Darius Milhaud : Deuxième Sonate pour violon et piano
  • Wolfgang Amadé Mozart : Sonate pour piano et violon en mi mineur, K.304
  • Ambroise Aubrun (violon), Steven Vanhauwaert (piano)
  • 1 CD Éditions Hortus : Hortus 189 (Distribution :Harmonia Mundi) www.editionshortus.com
  • Durée du CD : 59 min 33 s
  • Note technique : : (5/5)

Le titre prosaïque de ce disque cache un propos programmatique plus ambitieux : la célébration d’une amitié musicale entre le compositeur d’origine autrichienne Eric Zeisl et le français Darius Milhaud qui tous deux émigreront aux USA, en Californie, en raison de leurs convictions juives. Et la découverte d’une musique pour le moins passionnante de Zeisl. À travers une judicieuse sélection de pièces pour violon et piano, jouées par deux interprètes convaincus.

LA SUITE APRÈS LA PUB

Le violoniste Ambroise Aubrun découvre la musique d’Eric Zeisl (1905-1959) lors de ses études de doctorat à l’Université de Californie. Et constate vite l’admiration éprouvée par Darius Milhaud pour son confrère. Le français fait la connaissance de Zeisl en 1938, alors que celui-ci a fui Vienne du fait des rétorsions nazies contre les juifs et s’est réfugié à Paris. Suite à une recommandation de Milhaud, Zeisl se rend aux États-Unis l’année suivante. Il y sera d’ailleurs rejoint par son ami français en 1940. Eric Zeisl fait partie des musiciens étiquetés comme auteurs de l’Entertate Musik (Musique dégénérée). Sa production est importante, dont des Lieder, deux concertos, quatre opéras, le dernier inachevé, Job, sur un livret de Kafka, d’après le roman de Joseph Roth. Le CD présente trois œuvres. LeMenuchim’s Song (1939) est un succédané de l’opéra Job. La pièce est dédiée à Milhaud. On entend encore le premier mouvement de la Suite pour violon et piano op.2:I”Zigeunerweise” (gitans) : « un chant écrit pour le violon », note Ambroise Aubrun. Un morceau au lyrisme généreux, d’un jeune musicien de 14 ans, magistralement écrit pour les deux instruments dont une partie de violon puissante. C’est là une première au disque.

Autrement plus imposante, la Brandeis Sonata pour violon et piano date de 1949 et porte le nom de l’Institut éponyme de Californie où Zeisl fut compositeur en résidence. Elle est dédiée à Alexandre Tansman. Le premier mouvement ”Grave”, qui dure autant que les deux autres, s’ouvre sur un martèlement sombre du piano. Un trottinement s’installe aux 2 voix faisant la part belle au violon. Un deuxième thème plus calme mais intense voit les mélismes du violon s’épanouir naturellement. Le piano reprend la main dans une section articulée où le violon est traité dans le medium. Puis le mouvement bascule dans une allègre fluidité, très classique. Car le langage de Zeisl reste tonal, malgré l’héritage de la Seconde École de Vienne, et au moment où un Richard Strauss termine sa carrière. L’Andante ”Religioso” introduit le chant du violon aux accents hébraïques, dense et sinueux dans le registre aigu. Des ruptures accentuent l’effet déclamatoire. Au Rondo Allegro final, toujours dans la veine hébraïque, on remarque un développement magistralement pensé. Là encore des ruptures corsent le discours comme des changements de tempos façonnent un parcours plaisant.

Le CD est aussi l’occasion d’écouter la Deuxième Sonate pour violon et piano de Darius Milhaud (1892-1974). Dédiée à André Gide, composée en 1917, elle est contemporaine des premiers quatuors et de la trilogie de l’Orestie due au livret de Claudel. Une rare occasion d’apprécier la musique d’un grand auteur français prolifique et dans presque tous les genres, mais par trop méconnu, singulièrement au disque. Les quatre mouvements alternent lent et vif. ”Pastoral” offre un lyrisme teinté d’une agréable modernité dans le traitement des deux instruments. ”Vif” possède un humour primesautier et se distingue par sa belle écriture pianisitique jusqu’à une fin apaisée. ”Lent” évoque une douce rêverie menée par le violon sur une pédale du piano. Il en émane un sentiment de quiétude. ”Très vif” est un finale brillant et preste, flattant le registre médian du violon et traversé de passages fantasques. Une bien belle œuvre, pourtant de jeunesse. Superbement jouée par Ambroise Aubrun et Steven Vanhauwaert.

La présence de la Sonate pour piano et violon K.304 de Mozart est le fruit d’une vraie fascination de Zeisl pour cette œuvre. En mi mineur, elle est la seule de toutes celles écrites par Mozart en mode mineur. On sait qu’elle date de mai 1778 et a été composée à Paris lors du second séjour de Wolfgang, juste après le décès de sa mère. D’où un parfum de tristesse, perceptible dans le premier de ses deux mouvements : un Allegro qui voit une violence tragique, d’abord contenue, se développer peu à peu plus pathétique. Le Tempo di Menuetto renchérit dans cette veine dramatique, notamment le premier thème d’où émane un sentiment de douleur. La partie centrale l’exprime encore plus intensément quoiqu’avec pudeur, sinon une pointe de tendresse. Les traits en répons ou à l’unisson reprennent plus tragiques encore. Surtout dans l’exécution toute de retenue des deux présents interprètes. Qui auront magnifié le propos d’un programme enrichissant, révélateur d’une fascinante amitié musicale.

L’enregistrement, à l’Université du Nevada de Las Vegas, offre clarté et relief, ménageant un bel équilibre entre les deux instruments.

Texte de Jean-Pierre Robert

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Le violoniste français Ambroise Aubrun, ayant commencé ses études de violon à Nice, les poursuit au CNSMDP, puis à l’Université de Californie et enfin à la Colburn School (Los Angeles), est lauréat du prix Charles Oulmont de la Fondation de France et de la Fondation Langart. Il enseigne le violon à l’Université du Nevada à Las Vegas, est soliste de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles et aussi chambriste. Le pianiste Steven Vanhauwaert a étudié au Conservatoire Royal de Bruxelles, puis s’est perfectionné à l’Université de Californie du Sud. Lauréat de plusieurs Prix internationaux, il s’attache à faire découvrir un répertoire moins connu. 
Eric ZEISL (Vienne, 1905-Los Angeles, 1959), compositeur autrichien naturalisé américain en 1945. De confession juive, il est taxé de « musicien dégénéré » par le régime nazi et il quitte l’Autriche peu après l’Anschluss, (échappant ainsi à la mort contrairement à une partie de sa famille, victime des camps de concentration), pour Paris où il se lie d’amitié avec Darius Milhaud, puis s’installe en Californie, où il enseignera et composera de la musique tonale, notamment au Brandeis-Bardin Institute (sa Sonate lui est dédié) et à la Huntington Hartford Foundation. Le CD débute par son Menuchim’s Song (1939) et s’achève avec sa Brandeis Sonata for violin and Piano (1949) suivi du premier mouvement de sa Suite for Violin and Piano (op. 2) intitulé Zigeunerweise — à la manière tzigane — (1919) en première mondiale. 
Darius MILHAUD (1892-1974), également épinglé « artiste dégénéré », quitte la France en 1940 pour la Californie où, jusqu’en 1947, il enseignera la composition au Mills College d’Oakland. Le Duo rend remarquablement les multiples chatoiements de sa Sonate pour violon n°2 (1917). Il est tout aussi à l’aise avec l’esthétique classique, dans la Sonate pour Piano et Violon en mi mineur K.304/K.300c (1778) de W. A. MOZART, œuvre que prisait Eric ZEISL. Un disque-hommage à l’amitié entre deux musiciens, admirablement mise en œuvre par deux interprètes de premier rang. 

https://www.leducation-musicale.com/index.php/cds-dvds/10050-paris-los-angeles-milhaud-mozart-zeisl-hortus-editionshortus-wanadoo-fr-hortus-189-2020-tt-59-33

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Une nouvelle publication du label Hortus entrant dans la collection « Les musiciens et la Grande Guerre » dont le présent album constitue le XIIe opus. Un ensemble de sonates pour violon et piano, peu connues là encore, où le chant intime et saisissant du violon exprime avec dignité et retenue les douloureux souvenirs de la Grande Guerre. La magnifique Sonate pour violon et piano Op. 27 de Hans Pfitzner (1869-1949) porte, avec nostalgie et comme un regret pour l’éternité, l’héritage du romantisme allemand.

La très mélancolique Sonate « Gallipoli »  de Frederik Septimus Kelly (1881-1916) fut écrite sur le front turc en 1915, dédiée à la violoniste hongroise Jelly d’Aranyi qui inspira également Bartók, toute empreinte de délicatesse, elle développe une cantilène aux accents gitans, avant de se conclure sur une marche. Frederik Septimus Kelly trouva la mort une année plus tard lors de la bataille de la Somme en 1916. Composée entre  1912 et 1915, la Sonate Op. 3 de Georges Antoine (1892-1918) est directement inspirée des temps de guerre : passionnée, tendre, énergique, originale, sombre et brillante à la fois, elle se termine en un finale rhapsodique fougueux sur un thème développé dans les tranchées par le compositeur belge. Le Nocturne (1911) de Lili boulanger (1893-1918) conclut ce splendide album sur une note d’espoir ouvrant la voie au modernisme qui marquera le XXe siècle musical. Un album original, émouvant, et une interprétation d’une rare qualité qui font de cet album, à la fois, un document discographique et un moment de pur bonheur malgré la gravité du propos. Indispensable.

https://www.leducation-musicale.com/index.php/cds-dvds/284-pensees-intimes-sonates-pour-violon-et-piano-de-hans-pfitzner-lili-boulanger-georges-antoine-frederik-septimus-kelly-guillaume-sutre-violon-steve-vanhauwaert-piano-1-cd-hortus-712-collection-les-musiciens-et-la-grande-guerre-vol-xii-tt-73-58

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The French violinist Ambroise Aubrun discovered Zeisl’s music during his doctoral research at the University of California in Los Angeles, and his new album Paris <> Los Angeles with pianist Steven Vanhauwaert depicts the composers’ friendship as well as revisiting a Mozart sonata that apparently fascinated Zeisl (Editions Hortus 189 ambroiseaubrun.com).

Two short pieces by Zeisl open and close the disc: Menuchim’s Song(1939) from the incomplete opera Job and the world-premiere recording of the lyrical Zigeunerweise, the first movement from the unpublished 1919 Suite for Violin and Piano Op.2 that Aubrun discovered in the Zeisl Collection at the university. The other Zeisl work is his substantial three-movement Brandeis Sonata from 1949, named for the California Institute where Zeisl was composer-in-residence.

Milhaud is represented by his four-movement Violin Sonata No.2 from 1917, a quite lovely work. The Mozart is the Violin Sonata No.21 in E Minor K304. Written in 1778 during the Paris visit that saw the death of his mother, it is his only minor key violin sonata as well as his only instrumental work in that key.

There’s excellent playing throughout a terrific CD, with the Mozart in particular a beautifully judged reading – clean and nuanced, with a finely balanced emotional sensitivity.

https://www.thewholenote.com/index.php/booksrecords2/booksrecords2-2

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CD : le piano de Ferruccio Busoni

Publié par Jean-Pierre Robert le 26 novembre 2020. Publié dans Musique

Busoni LEnigme
  • ”L’énigme”
  • Ferruccio Busoni : Élégies BV 249 (”Nach der Wendung”, Berceuse”). Indianisches Tagebuch, BV 267. Fantasia nach JS. Bach, BV 253. Fantasia Contrappuntistica, BV 256
  • Steven Vanhauwaert, piano
  • 1 CD Éditions Hortus : Hortus 191 (Distribution : UVM) www.editionshortus@wanadoo.fr
  • Durée du CD : 65 min 34 s
  • Note technique :  (4/5) 

Plus connu pour ses légendaires qualités de pianiste virtuose, Ferruccio Busoni est aussi un compositeur qui mérite l’intérêt. En particulier s’agissant de sa musique de piano. Steven Vanhauwaert en propose une sélection significative, tirée de ses dernières œuvres. Révélateur.

Maître incontesté du piano, successeur de Liszt ès virtuosité, homme très cultivé, théoricien de la musique et personnalité singulière, Ferruccio Busoni (1866-1924) est un compositeur atypique, méconnu, mis à part peut-être son opéra inachevé Doktor Faust, donné naguère à Salzbourg, Lyon et au Châtelet à Paris. Se défiant des diverses écoles de son époque, il vise à instaurer une nouvelle esthétique. Son langage harmonique singulier fait fi des règles strictes régissant les tonalités et préconise l’abandon des structures traditionnelles. Mais il s’appuie fermement sur le contrepoint. Il en transparaît souvent un sentiment d’improvisation. Alfred Brendel, un de ses plus constants et ardents défenseurs, loue « un esprit universel », chez qui « le côté faustien de son intellect qui lui rend familière la mélancolie de la solitude, est contrebalancé par une supériorité sereine, une noble ironie et un abandon total au mystère éthéré de tout ce qui est gracieux » (in ”Réflexions faites”, Buchet Chastel, 1979). Plus qu’une ”Énigme”, sa musique confiée au piano ouvre des perspectives autres, où une extrême virtuosité recouvre en fait « une réconciliation entre le classique et le romantique, le constructeur et l’improvisateur, le révolutionnaire et l’aristocrate, l’esthète et le mystique, le magicien et le comédien » (ibid.)

Les Élégies, BV 249, de 1908, sont un exemple du style visionnaire de Busoni. Comme le montrent les deux pièces choisies ici. La N°I ”Recueillement” instaure un climat de mystère par des harmonies comme suspendues. La N°VII ”Berceuse” est plutôt une ballade dans un univers merveilleux presque charmeur grâce à l’usage de la pédale pour prolonger des sons qui envoûtent. On a relevé que le traitement de la pédale est d’ailleurs une des manifestations les plus spécifiques de l’art de Busoni. Le caractère lancinant de la fin du morceau revient à l’idée de berceuse. La Fantaisie d’après JS. Bach, BV 253, de 1909, est un vibrant hommage au Cantor auquel il vouait un véritable culte. À travers plusieurs de ses chorals, ce qui construit les diverses séquences de la pièce. Le langage saisit fidèlement la pensée de Bach, quoique ”arrangée” avec sa propre palette harmonique, notamment dans l’extrême grave du piano. L’œuvre intitulée Indianisches Tagebuch I(Livre journalier indien), des années 1913/1914, est un ensemble de quatre morceaux inspirés de chansons indigènes nord américaines, mélange de manière folklorique et de langage très busonien, paradoxalement moins ”moderne” que les autres pièces de piano contemporaines. ”Allegro affetuoso, un poco agitato” offre une écriture en apparence lisse, vite traversée d’arêtes vives. ”Vivace” est lesté de notes piquées de plus en plus rapides dans un discours étrange. ”Andante” est liquide et avenant. Enfin ”Maestoso ma Andando”, autre hommage à Bach, voit l’étrangeté modeler le débit vers de grands accords flattant l’extrême grave du piano.

Une des œuvres les plus emblématiques de Busoni est sans conteste la Fantasia Contrappuntistica, BV 256, de 1910. Issue d’un travail d’édition de L’Art de la fugue de Bach, il s’agit de la fameuse quadruple fugue du Contrapunctus XIV. Elle est constituée ici de 12 pièces enchaînées, dont une pièce initiale ”Preludio corale”. « Monumentale fusion de la thèse et de l’antithèse, du contrepoint et de la fantaisie, de Bach et de Busoni », relève Alfred Brendel qui remarque encore : « un raffinement insoupçonné du son pianistique s’y allie à une indépendance baroque vis-à-vis des timbres ». Ce ”Preludio corale” offre une écriture rampante où les registres semblent très indépendants, grave hiératique, main droite flottant dans l’aigu, moyennant le traitement si particulier de la pédale. Les ”Fuga I, II & III” voient se succéder les harmonies les plus étranges, les techniques les plus avant-gardistes. On sait la ”Fuga III (sur le nom de B A C H)”, être un parangon d’extrême difficulté d’exécution. Un passage ”Intermezzo” semble détendre l’atmosphère. Les ”Variazione I, II & III” poussent le processus vers des tonalités incertaines avec des ruptures de rythme et de dynamique. Des trouvailles d’écriture étonnantes en renouvellent l’intérêt. La ”Cadenza” reprend un cours ”plus classique” pour installer la ”Fuga IV” bardée d’envolées particulièrement insolites dans les extrêmes, dont des grondements dans le grave. ”Corale” et ”Stretta” concluent majestueusement une œuvre décidément hors norme.

Le jeune pianiste belge Steven Vanhauwaert vainc ce maelström haut la main, dépassant les pures exigences techniques, grâce à une rare maîtrise de l’ambitus requis comme des innombrables nuances, et un jeu de couleurs sans cesse renouvelé. Il démontre ce que dit encore Brendel : « le jeu pianistique de Busoni illustre le triomphe de la réflexion sur la virtuosité ». Il s’en dégage effectivement ici encore un sentiment d’improvisation. Car selon Busoni, cité par Brendel, « la musique est un théâtre de la surprise, de l’invention et de l’improvisation apparente ». Il en va de même de la qualité superlative de l’interprétation des autres morceaux de ce programme vraiment révélateur de l’art du piano chez Busoni.

L’enregistrement, dans une église en Belgique, procure un son très proche, presque chambriste, sans doute en accord avec la conception intimiste de l’interprète. On savoure la belle résonance du Steinway Grand D. Une prise de son qui semble également défier l’étiquette de pure virtuosité souvent accolée à la musique de piano de Busoni.

Texte de Jean-Pierre Robert 

https://www.on-mag.fr/index.php/topaudio/musique/21658-cd-le-piano-de-ferruccio-busoni

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For my Belgian friends: tune in to Klara radio today Nov 25th at noon for Tigran Mansurian’s Agnus Dei with my colleagues Movses Pogossian, Michael Kaufman, Varty Manouelian, and Boris Allakhverdyan. This album was recently released on ECM.

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